Affaire 500 millions: Baïdy demande une enquête parlementaire autour de ce fonds qui n’a pas été ‘’voté’’ par les députés

mai 12, 2017 16:51
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 A peine rentré d’un séjour à l’étranger, le député uninominal de Kaloum, Baïdy Aribot n’a pas tardé à en rajouter à la polémique persistante relative aux 500 millions de francs ‘’alloués’’ au Chef de file de l’opposition et qui alimente abondamment tous les débats et causeries à Conakry.

Pour une question de transparence, a déclaré le Secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaine (UFR), ce budget devrait passer à l’Assemblée nationale pour son adoption comme il a été le cas pour le statut du chef de file de l’opposition.

«Cette situation me semble confuse. Il est difficile d’avoir une lecture nette. Car,  au départ, cette histoire de 500 millions était une affaire cachée. Il a fallu que le porte-parole d’un parti politique qui avait des preuves, la mette sur la place publique. Dès lors, j’ai vu les députés de l’UFDG à l’œuvre pour nier une quelconque transaction de ce genre», a-t-il révélé.

«Ce budget n’a jamais été soumis à l’appréciation des députés.  La loi qui fait de Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition, a été votée à l’unanimité. Mais, il faut souligner que son aspect financier n’a jamais été voté alors qu’il devrait être débattu comme pour toute autre institution ou structure étatique devant bénéficier d’une manne financière de l’Etat. Malheureusement,  ces cinq milliards par an n’ont jamais été débattus par les élus du peuple. C’est pourquoi, cette affaire ressemble à une histoire mafieuse politique», a dénoncé Baidy Aribot.

Poursuivant, il a révélé ceci : «Cellou Dalein,  lui-même, a dit dans sa déclaration que le chef de file de l’opposition n’est pas une institution mais plutôt une personne. Alors, je me demande pourquoi on voterait une loi concernant une personne dans le cadre d’une loi qui concerne des institutions. Sachant surtout qu’une loi de finances ne concerne en général que l’Etat et ses démembrements. Aujourd’hui, on nous fait comprendre que c’est une situation qui concerne une personne non une institution. Donc, il y a toute une cacophonie autour de cette affaire de 500 millions. C’est ce qui me fait dire que c’est un mensonge d’Etat de la part de ceux qui prétendent défendre ce peuple».

Vous ne pouvez pas prétendre être opposant à un système qui vous paye, s’insurge le député de Kaloum pour qui, il est ‘’moralement’’ inadmissible de prendre de l’argent avec un gouvernement que vous combattez pour votre entretien. Une attitude que le député de l’UFR considère a priori une manière peu scrupule dont certains politiques ont recours pour un repositionnement lorsqu’il s’agit de défendre leurs gâteaux. Et d’ajouter : …quand il s’agit de manger dans la même soupe que le pouvoir, chacun défend son pain.

Et le plus regrettable selon Baïdy, c’est le fait que cette ‘’opposition  républicaine se soit levée et manifester publiquement contre tout ce qui est gabegies financières de l’Etat, corruption et mauvais traitement des fonctionnaires… Ensuite c’est la même qui accepte aujourd’hui, un traitement exorbitant au détriment du peuple.

Ils ont dénoncé le budget par jour de la présidence de la République, a rappelé l’ancien ministre mais de l’autre côté, charge-t-il,  ils (l’opposition républicaine, NDLR) ont accepté de ce qu’on leur donne  des émoluments. C’est vraiment antinomique en termes d’éthique politique, s’indigne-t-il.

A ceux qui font allusion aux chefs de file de l’opposition du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Burkina…, Baidy Aribot précise : «dans ces pays, il y  a une loi protocolairement votée que nous savons tous. Le problème ici, est qu’on devrait prévaloir l’honnêteté depuis le départ. S’ils étaient honnêtes, ils devraient informer le peuple et les militants bien avant la sortie du porte-parole du PEDN. Il devait informer l’opinion qu’ils ont eu tel ou tel montant en tant que chef de file de l’opposition et le montant devrait passer à l’Assemblée nationale pour qu’il soit inscrit dans les rubriques comme étant l’argent du chef de file de l’opposition. Mais ce n’est pas en catimini qu’on doit faire cela. C’est après que les gens l’aient  découvert qu’ils tentent de se défendre par-ci et par-là. C’est le manque de transparence que nous condamnons dans cette affaire et mieux, le montant est exorbitant dans un pays comme le nôtre. 50 mille euros pour une ou deux personnes dans un pays ou le salaire des travailleurs est très maigre et encore celui des députés ne dépasse même pas 1 500 euros…»

«On défend le syndicat d’un côté et de l’autre côté on tend la main pour prendre l’argent. Après c’est pour dire que ce sont les autres qui ne sont pas honnêtes avec la population», fulmine Baidy Aribot. «L’opinion se rendra compte qui est qui dans ce pays. Ceux qui sont dans le combat pour défendre la cause du peuple et ceux qui sont dans le combat pour défendre leurs intérêts inavoués», a-t-il déclaré.

«En votant cette loi de chef de file de l’opposition, les députés ne savaient pas le budget qui allait l’accompagner. C’est pourquoi il n’y a aujourd’hui cette polémique. Et ils sont en train de justifier quelque chose qui était cachée, personne n’en était informé.  Donc, à mon avis, l’Assemblée doit déclencher une enquête parlementaire», a suggéré le député de Kaloum qui soutient que dès l’instant l’argent est versé dans un compte public, il doit être voté à l’Assemblée et classé dans les rubriques spécifiquement spécifiées.

Parlant toujours de ce montant qu’il juge faramineux, Baidy Aribot dira que c’est le prix de la paix civile. «C’est vrai, nous avons notre leader qui est le Haut Représentant du président de la République. Tenez-vous bien qu’il n’a pas de budget et il lui arrive des fois qu’il prenne ses travailleurs en charge. Il ne reçoit même un Kopeck. On dit que l’UFR collabore avec le pouvoir mais, elle ne vend pas son âme au pouvoir en place», a lancé Baidy Aribot avec ton goguenard.        

 

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