Guinée : Vers une guerre civile évitable ?

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Le sujet est simple et multiple : Le chef traditionnel de la Basse-Guinée, Sèkhouna Soumah a changé de couvre-chef. Son louvoyage n’est pas du goût d’une partie de la Basse-Guinée, il  est contesté avec assez de mauvaise humeur et il menace tout manifestant qui sortirait brûler les pneus dans la rue de subir le supplice du « collier de feu », à supposer qu’il a les moyens et l’audace de sa politique pour s’opposer de cette manière si extrémiste au tollé des populations déterminées. Pour engranger les moyens de cette politique, il est venu chercher du soutien chez le RPG-arc-en-ciel. On se demande ce que les cadres conscients de ce parti pensent  de cet excès de zèle de leur nouveau copain, et ce que ceux de l’UFDG et du PUP pensent  de ce Sèkhouna Soumah qui leur a fait cette volte-face si radicale. Une chose est claire et nette, Sèkhouna a dit qu’avant-hier il était avec Sékou Touré, hier, il était avec Lansana Conté, aujourd‘hui, il est avec Alpha Condé, point, à la ligne !

Les démons de l’histoire de 1957 se sont-ils réveillés en Guinée ? Pour ne pas maquiller l’histoire avec des fanfreluches pour les jeunes de 30-40 ans, puisque ce sont eux qui seront sur la braise ardente, c’est une guerre ethnique qui se profile à l’horizon, n’ayons pas peur des mots, mais aussi, n’ayons pas peur de dire que Sèkhouna Soumah n’est pas de la trempe de David Tondon Soumah, et que l’unité absolue affichée au sein des coordinations de la Basse-Guinée et de la Haute-Guinée n’est plus ce qu’elle était. Si les clivages sont visibles en Basse-Guinée, comme le témoigne sa contestation comme chef de cette région, il serait faux de ne pas dire que la Haute-Guinée est aussi en Lambeaux, comme la Guinée Forestière et comme la Moyenne-Guinée. La Guinée n’est plus une famille unie. L’inconnu est total. L’histoire nous rappelle que dans de tels tumultes et remous, les plus agités sont en général les plus fragiles : L’aveuglement dans la chute de l’empire romain est un exemple.

Ce qui est encore aberrant dans la nouvelle visée politique, c’est que la Basse-Guinée n’appartient plus exclusivement aux autochtones, puisque les allogènes sont devenus plus nombreux et détiennent le pouvoir économique. Et dans ces conditions de vie difficile, l’argent est la clé qui ouvre tout, tout et tout. Personne ne reste insensible devant l’argent, à commencer par les « vieux-fougafous » et les sages sans sagesse en passant par les femmes, sans parler des jeunes, qui ne seront plus pris aux pièges des fourche-langues que ceux de la Basse-Guinée faisaient réciter à ceux qui ne sont pas de leur communauté : « Khössa dinkhi dökhi doukhui ».

A la Cité-douane, « les enfants de la Cité » formaient une mosaïque cosmopolite. C’était la Guinée entière dans un seul bouquet, il y avait un petit terrain pour le football et un tas de sable frais pour se réunir pendant les nuits chaudes de la saison sèche pour des combats de boxe et de lutte. Il y en avait un presque chaque nuit, sinon les gones se racontaient des histoires se faisaient des quolibets et blagues sans aucun tabou ethnique. Ils se faisaient passer à l’oral des phrases comme celle-là, et on se marraient des « progrès » des foulès, des maninkès et des dèfouis et autres. Actuellement, les jeunes nés et grandis à Conakry n’auront pas trop ce problème de virelangue.   

Ça risquerait de barder, si cela arrivait entre les femmes qui sont pour Sèkhouna et les autres de l’autre chef de coordination qui l’accuse d’être imposteur désigné indûment par le pouvoir. La dernière manifestation des femmes pour faire peur à Fodé-Oussou Fofana ont dû faire changer beaucoup de choses dans ce domaine, des femmes ont promis de ne plus rester sans réaction. Un affrontement entre femmes pour et contre un chef d’une coordination régionale sera un fait sans précédent pour l’unité nationale. 

Les ingrédients pour un cocktail Molotov sont réunis. Le code électoral des communales et des quartiers est rejeté par une partie de la population et de l’échiquier politique, qui se disent déterminés à s’opposer à sa mise en application. Le texte contesté est envoyé à la Cour constitutionnelle pour être avalisé  tarde à ressortir et son application risque de se heurter à des échauffourées. 

L’application des accords du 12 octobre entre la Mouvance et l’Opposition d’organiser les élections au plus tard en Février n’est pas entré en application et la mauvaise humeur et la tension sont dans l’air. Le chef de file de l’opposition guinéenne menace d’écumer les rues. En ces moments de marasme économique, le pouvoir ne voit pas cela d’un bon œil, mais ne sait comment éviter la prochaine marche. Si les affaires sont abandonnées à elles-mêmes, l’affrontement est inévitable. Ce qui sera imprévu, ce ne sera pas une bataille rangée mais une mêlée générale qu’aucun dieu ne pourra arrêter. Comment l’empêcher de commencer, personne ne sait et personne ne cherche à arrêter la spirale du diable. On dirait que les Guinéens éprouvent un besoin fiévreux d’en découdre à tout prix, et que la guerre civile est déjà partie. Ceux qui perdent leur temps à « réfléchir provisoirement » sur la réconciliation nationale doivent le faire une fois pour toutes. Le temps presse.

 Cependant elle est évitable, à l’ultime…

8 COMMENTS

  1. Un bel article. UNE SONNETTE D’ALARME a prendre tres au serieux. Les coordinations regionales ne doivent pas attiser les tensions ethniques, elles doivent oeuvrer au renforcement des liens de fraternite et de solidarite entre toutes les composantes de la nation Guineenne UNE ET INDIVISIBLE. Le vivre-ensemble est le ciment qui consolide L’UNITE NATIONALE. Sousous, Peuls, Malinkes, Guerzes, Tomas, Kissi….sont condamnes a vivre ensemble et a partager cette terre Guineenne qui nous est tous Commune. La preservation de la paix et de la cohesion nationales est notre RESPONSABILITE, car les victimes de toute confrontation violente entre citoyens d’un meme pays seront avant tout et apres tout NOUS LES GUINEENS.

    VIVE LA PAIX ET QUE DIEU BENISSE LA GUINEE.

  2. la kestion a c poser nest pa de savoir si c vieux est un ignorant et prostitué politiq mais de savoir dans le context actuel d la gné kel est la place de ces coordinations ?
    car auré ete mw ils seron tous destitute car le vieu e le sage ont leur place otr que dans les batail politic ou encor pire dans la division

  3. Alpha Condé est à l’origine de tout ce désorder. Il a tout politisé en se mêlant de tout même des choses qui ne le regarde pas. Et, pourquoi c’est seulement en Guinée que les élections ont de la peine à se tenir? Les calendriers d’élections se respectent partout sauf en Guinée. Même la Gambie a fait ses élections législatives juste àprès la présidentielle. Chez nous, il fallu des morts pour tenir la notre. Il se mêle aussi des cordinations qu’il dénonce à chaque fois. De quelle école poitique est il sorti? Je veux savoir cela. Il est nul en politique, ce monsieur.

  4. Alpha Condé est à l’origine de tout ce désorder. Il a tout politisé en se mêlant de tout même des choses qui ne le regarde pas. Et, pourquoi c’est seulement en Guinée que les élections ont de la peine à se tenir? Les calendriers d’élections se respectent partout sauf en Guinée. Même la Gambie a fait ses élections législatives juste àprès la présidentielle. Chez nous, il a fallu des morts pour tenir la notre. Il se mêle aussi des cordinations qu’il dénonce à chaque fois. De quelle école poitique est il sorti? Je veux savoir cela. Il est nul en politique, ce monsieur.

  5. Pour le bien de ce pays il faudra dissoudre ces coordinations régionaux qui ne sont rien d’autre que la base fondamental de la division de la guinée.

  6. Les intellectuels et sages guinéens doivent organiser des journées de réflexion dans les quatre régions naturelles afin de mieux expliquer le bien fondé d’une coordination, à l’issue de laquelle sera élaborer un règlement intérieur uniforme dans lequel sont définis les critères d’éligibilité ou du choix d’un chef traditionnel et ses prérogatives.

  7. [email protected]

    Un opposant radical reçu par un préfet, et après on dit que Alpha CONDÉ n’est pas démocrate. Qui pouvait oser faire ça avant Alpha CONDE ? Ne parlons pas avec passion soyons juste donnons le mérite à qui de droit sinon à cause du péché les guinéens risqueront de souffrir éternellement dans la misère.

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