Lutte contre la pauvreté en Guinée : la Banque Mondiale veut lutter contre les moulins à vent ?

avril 18, 2017 21:00
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Science sans conscience n’est que ruine de l’âme, dit l’autre. La cherté de vie devient difficilement supportable pour les ménages. Reste à se demander si les accords entre le gouvernement et les différentes organisations socio-professionnelles sont respectés. Sinon pourquoi la miche de pain, par exemple a commencé à ‘’dépérir’’ sans que personne ne s’en émeuve, au ministère du Commerce. D’autres spéculations plus insupportables sur le marché sont tolérées tacitement par le gouvernement. On se demande pourquoi ?

Lors de la Journée des femmes, tout le monde a déploré la situation difficile que vivent les femmes, mais personne n’a réfléchi sur les réelles causes de la paupérisation des populations. Hormis la conjoncture internationale défavorable et la forte pression fiscale dénoncée par tous les acteurs de la vie socio-politico-économique, il y a des causes internes pour donner le coup de grâce aux ménages par un laxisme inexplicable et aberrant du gouvernement qui, au nom d’une politicaillerie digne des « nains politiques », ne sait comment légiférer dans un libéralisme économique sauvage et dévastateur. Ce qui fait encore tomber les bras dans ce manque de vision, c’est que le gouvernement laisse faire une pratique néfaste qui joue à le dégrader, à le dénigrer au point de le rendre impopulaire aux yeux de ses propres militants. A entendre les femmes de Dubreka profond chanter et interpeller leur président sur leur calvaire, les signes prémonitoires ne sont pas bons. Continuer à faire la sourde oreille ?

Dans quels domaines le laxisme du gouvernement est criant ?

 Après que les mareyeuses ont manifesté bruyamment et ont pu faire reculer le gouvernement sur la concurrence dans la vente du poisson avec des Chinois, qui vendaient le poisson aux Guinéens au prix abordable pour soulager les ménages, Alpha Condé avait promis de réguler et de réglementer le commerce et la distribution du poisson. A l’occasion, les mareyeuses avaient démenti acheter le carton à 160000 fg pour le revendre aux détaillantes à 220000 fg, mais des reportages de la presse avec des vendeuses du marché de Kénien ont révélé que certaines de ces vendeuses achetaient le carton à plus de 250000 fg. Et quand elles détaillent, c’est pour chercher 320000 à 350000 fg. Ainsi, le carton de poisson va du simple au double, chaque fois qu’il change de mains, et il peut changer trois fois de sous-mains, et cela ne se fait pas en cachette, mais au marché, à la criée. Où est l’autorité ? Où sont parties les promesses de Alpha Condé ?

En attendant, le poisson  a pris la route de l’exil parce qu’il est inaccessible aux Guinéens. Quant à la pêche continentale, les machines à draguer l’or des lits des fleuves les ont chassés des eaux guinéennes par la destruction de leur environnement au su et au vu des autorités. Quant aux poissons de pisciculture montrés à la télévision pour la propagande, on se demande où ils sont vendus et à quel prix. Voilà des fléaux à éradiquer, si l’on veut parler de lutter contre la pauvreté.

Les mareyeuses ne sont pas les seules à faire la fête aux ménages, il y a aussi les maraîchères dans la mamaya. Le piment, le gombo, l’aubergine, tomate et concombre… sont vendus au double ou au triple de leur prix d’achat avec les producteurs. Les marges de bénéfices sont démesurées, comme avec le poisson. 

Ce qui peut désabuser encore plus l’observateur, c’est l’arrivée d’un camion de mangues à ENTA. Tenez-vous bien, les  convoyeuses vendent elles-mêmes ces mangues à 6 pour 1000 fg. Une fois à terre, sur place, ces mêmes mangues sont vendues à d’autres acheteurs à 5 pour 2000 fg. A prendre ou à laisser. Et des petites vendeuses sales de 13-15 ans achètent les rebuts en vrac pour en faire « mangue-sauce ».

On voit que la société guinéenne est divisée en deux couches. Il y a ceux qui ont un capital, qui achètent et vendent au prix qu’ils veulent dans un pays organisé et régi par des lois de commerce; de l’autre côté, il y a la grande partie de la population pauvre, qui s’appauvrit de jour en jour et qui arrive à peine à faire un repas par jour à cause des spéculations hors normes autorisées, qui ne doivent exister dans aucun pays organisé qui prétend à l’émergence. On est à Doumbelane ? Si les jeunes Guinéens sont les plus nombreux candidats sur la route de l’exil, il y a peut-être là une raison.

Si la Banque Mondiale n’est pas venue en Don Quichotte de la Manche, elle doit changer le fusil d’épaule et viser les vrais objectifs, et non les moulins à vent qu’on lui a montrés.

 

1 COMMENTAIRE

  1. Ces dits responsables(gouvernants y compris parlementaires….) arrêtés le massacre,la population souffre de votre mauvaise gestion.Les effets sont réels et palpables à tous les niveaux(l’environnement humain,naturel..).

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