Sculpture à Kankan : le secteur meurt à petit feu, faute de soutien et de débouchés

avril 20, 2017 11:15
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La sculpture à Kankan est un des secteurs de l’artisanat qui est en voie de disparition, pourrait-on dire. Et pour cause, le manque criard de soutien au secteur. Les autorités en charge de la Culture ne font rien pour changer la donne. A cela il faut ajouter la rareté des clients, essentiellement des visiteurs étrangers, apprend-on.


Selon Ahmed Sekou Diané de l’atelier ‘’Artisan du Fasso’’, au quartier Korialen, le métier de sculpteur ne marche plus à Kankan. Ceci à cause de la rareté des débouchés pour l’écoulement de leurs productions mais aussi du fait de l’absence totale d’accompagnement de l’Etat.

C’est au regard de toutes ces difficultés que le métier est en train de connaître un déclin à la vitesse grand ‘’V’’, selon M. Diané. « Moi j’ai embrassé ce métier il y a 24 ans. Mais pour dire vrai, l’art est en train de mourir à petit feu à Kankan, à cause des difficultés dont entre autres : l’absence totale du gouvernement à nos côtés et la rareté des visiteurs étrangers », explique-t-il. Ce qui serait à l’origine de nombreux cas d’abandon du métier à Kankan.  

« Sur la trentaine d’ateliers de sculpture que comptait Kankan il y a quelques années, il n’en resterait plus qu’une dizaine. Les uns sont devenus chauffeurs de taxi, bouchers, topographes, etc. », révèle Mr Diané. 

Pis, selon Ahmed Sekou Diané, les quelques rares occasions de foires internationales qui s’offrent à eux, seraient souvent détournées au profit d’autres personnes. « Ce qui est déplorable dans tout cela, c’est que les gens ne nous permettent pas de prendre part aux rares foires internationales qui s’offrent à nous. Les visas sont purement et simplement vendus aux commerçants et autres aventuriers qui n’ont rien à voir avec l’art et la culture », déplore-t-il.

D’ailleurs, à en croire à Ahmed Sékou Diané, les artisans de Kankan ignorent l’existence d’un ministère de la Culture au même titre que l’ignorance dont ils feraient l’objet de la part du département. « A part vous les journalistes, qui venez souvent nous rendre visite, personne d’autre d’un quelconque département ministériel ne vient ou n’est venu ici. Ce qui fait que nous les ignorons comme ils nous ignorent », explique-t-il.

Malgré les difficultés qui seraient à l’origine des abandons en cascade du métier de sculpteur à Kankan, certains, à l’image d’Ahmed Sékou Diané, et d’autres à Sidiméla au quartier Kabada I, maintiennent le cap dans la perpétuation dudit métier.

 

 

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