Guinée: François Hollande vu d’un autre angle

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On dit que le quinquennat de François Hollande est mitigé. En mettant dans la bascule ce qui a été dit sur la loi travail, sur le mariage pour tous, sur la déchéance de nationalité, sur la promesse de  baisser le chômage, sur le déficit budgétaire, en plus d’un engagement en se trompant de cible dans la guerre contre Bachar Al-Assad au lieu de faire face à l’EI et l’intransigeance diplomatique dans le nucléaire uranien, sur la gestion du terrorisme, ça fait une tare qui fait lourd. Avec le recul, on peut dire que si Bachar avait été renversé en 2012, les révolutionnaires syriens auraient été dominés par l’EI comme ceux de Libye, que se serait alors passé au Moyen-Orient ? Les stratèges se feront une idée sur la question. 

A côté de tout cela, les Maliens et les Centrafricains ont un autre regard sur le tableau.  Pour ces populations qui étaient au plus près de la mort, les donnes sont tout autres. Les Maliens et Centrafricains confrontés aux attaques djihadistes ont vu les interventions militaires françaises comme providentielles. La vie sauve vaut ce qu’elle vaut pour ces populations.

Personne ne peut se mettre à leur place et à la place de leurs proches  pour en parler plus véritablement. Le coup d’arrêt sur l’avancée des terroristes au Mali et en Centrafrique a soulagé toute la sous-région puisque la jonction avec Boko Haram, qui était probablement l’objectif, a été empêchée.

Au Burkina Faso, François Hollande a été flétri par une majorité pour le fait d’avoir exfiltré Blaise Compaoré pour le soustraire à la vindicte populaire, mais il faut se poser une question : Blaise Compaoré et le RSP auraient si facilement abdiqué si François Hollande ne lui avait pas écrit cette lettre qu’a révélée JA ?

Les termes de cette lettre ne contenaient-ils que le contenu diplomatique livré au public ou contenaient-ils autres formes de mise en garde sur un massacre d’ampleur ? Le rôle salvateur joué par Blaise Compaoré dans la libération d’un nombre d’otages français ne méritait pas de le tirer d’un guêpier, quitte à subir après  les critiques ? On peut dire sans crainte que n’importe quel chef d’Etat du monde dans la situation qui était propre à François Hollande à ce moment précis, aurait fait le même choix.

Barack Obama, Angela Merkel, Abdou Diouf, Alpha Oumar Konaré  n’auraient probablement pas fait autrement. En le faisant, François Hollande a sauvé des vies.

 Au vu de la pugnacité de certains membres du RSP, même après tout, on peut affirmer que le président français a retenu des mains et empêché un massacre.

Comme chacun ne ressent la température de l’eau que du fleuve dans lequel il baigne, les Guinéens  se souviendront qu’au moment le plus crucial de leur lutte contre Ebola, au moment où la rumeur augmentait la psychose au sein des populations, au moment où les investisseurs étrangers décampaient comme s’ils avaient le diable au corps, au moment où la Guinée était désertée et fuie comme la peste, l’ami Hollande était parmi eux à leur chevet avec matériels, médicaments et assistance technique, non pas que l’homme n’avait pas peur de la maladie, mais il l’a transcendée pour être à côté de Alpha Condé pour faire d’une pierre deux coup : apporter l’aide et l’emmener d’autorité à se réconcilier avec Macky Sall qui s’était barricadé et cela était plus significatif que tout.

De cet angle de vue, pour les miraculés de Ebola et en leur nom, le tout petit mot « merci » a tout son sens et il aurait encore de sens si les Guinéens ne les abandonnent pas à leur sort. 

 Cependant, il faudrait mettre un bémol à ces propos puisqu’on ne sait pas si la classe politique guinéenne dans son entièreté partage cet avis. Il faudrait peut-être le leur demander…

Moïse Sidibé

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