Mali: les victimes et les martyrs d’une guerre d’usure sans fin

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Il faut entendre par victimes, les populations et les soldats maliens qui sont des cibles mais qui ne savent quand et comment parer des attaques sporadiques à l’improviste, venant d’ennemis sournois et sans visage qui les côtoient et les fréquentent quotidiennement.

Ces victimes ne sont autres que des souffre-douleurs d’une politique de souveraineté incompréhensible. On vient d’entendre une attaque au nord du Cameroun où un kamikaze s’est fait sauter avec une ceinture au milieu d’innocents. Il n’y aura que leur nombre qui sera retenu sur la longue liste de l’histoire. Aucun nom ne sera gravé en lettres d’or. Ce sont eux, les victimes.

On entend par « martyrs » les différents groupes de rebelles qui luttent pour une cause bien connue, celle de l’Asawad et qui par faute de force et de moyen, incapables de se faire entendre politiquement, se sont laissé volontiers infiltrer et caporaliser par d’autres forces centrifuges de connivence avec des groupes djihadistes qui se sacrifient éperdument. Vu d’un certain angle, ce sont des rebelles-terroristes, vu d’un autre, ce sont des martyrs.

Il faut leur poser la question de savoir pourquoi ils préfèrent s’aligner derrière les terroristes et djihadistes qui prônent et pratiquent la Charia que d’être sous la tutelle de la République du Mali laïque et sociale. Leur réponse sera édifiante pour une nouvelle redéfinition politique dans ce  chaudron inextinguible et inépuisable en martyrs et qui risque de se déverser sur d’autres pays.

A chaque pose d’actes qui ne vont pas dans le sens des Touaregs, on s’attend à des attaques sur le territoire malien pour montrer leur désaccord. Après la conférence d’entente nationale du Mali qui n’a abouti qu’à éloigner les lignes, l’on a fait semblant que la conférence a été une réussite par des manifestations de joie. Mais les attaques sur les commissariats et postes militaires sur le territoire démentent  formellement  une quelconque réussite de cette conférence. Ensuite, après la formation d’un gouvernement qui n’a pas été consensuel, voilà une nouvelle attaque qui a mis en plein dans le mille d’un poste avancé de Tombouctou avec des morts et des matériels emportés. Alors que le qui-vive était si de mise que personne ne croyait qu’une attaque d’une telle audace pouvait être possible et n’eût été l’intervention de la force française Barkhane pour les anéantir, les agresseurs eussent été déjà loin et hors de portée des soldats maliens avec leurs butins pris aux soldats maliens, qui ne sont pas et qui ne seront jamais équipés d’armes sophistiquées. Et pour cause, les états-majors des forces occidentales craignent que des armes sophistiquées aux mains des soldats amateurs ou d’opéra peuvent tomber dans les mains des djihadistes comme ce qui vient de se passer à Tombouctou. 

Certains pensent que les Américains, après avoir longtemps hésité à livrer aux Nigérians des avions de guerre pour la même raison avec Boko Haram, viennent de changer d’avis en toute connaissance de cause…

 Cette guerre d’usure au Mali a 58 ans, elle s’intensifie d’année en année et est devenu le terreau pour fertiliser le terrorisme dans le Sahel. Jamais on n’a vu le Mali sur la défensive, assailli de toutes parts et qui attend de recevoir des coups en victime expiatoire sans  pouvoir les rendre. La présence des forces internationales ne permet pas de dormir sur ses deux oreilles. 

Aussi, la question qui se pose est de savoir si ces forces internationales vont s’enliser dans le sable malien pour combien de temps encore quand on sait que la gouvernance est en train de prendre une autre tournure en France quel que soit l’élu et que l’ONU, il faut bien le craindre, sous l’administration Donald Trump-picsou, va se voir couper des subventions dans bien des domaines, à commencer par les Casques-bleus. 

On s’imagine mal le scénario de sortie de crise quand par manque de moyens, ces forces vont être obligées de plier bagages en laissant le chaos derrière elles. En attendant, plus la présence occidentale se fait sentir dans une zone, plus les djihadistes y sont attirés comme des vautours par l’odeur du sang. L’Afghanistan, le Pakistan, le Moyen-Orient tout entier, la Libye, l’Egypte et maintenant le Mali et les pays qui l’entourent sont pour une situation de guerre sans fin…

Comment le nouveau gouvernement malien compte-t-il tirer le pays de ce cercle vicieux ? 

Moïse Sidibé     

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