N’Zérékoré: une dizaine d’unités de fabrique d’eau en sachet, mais pour quelle qualité?

0

Les unités de fabrique d’eau dite minérale ne cessent plus de pulluler en Guinée. C’est le cas à N’Zérékoré, capitale de la région forestière où on en compte à date treize.

Toute la journée, les vendeurs rabâchent les consommateurs en leur proposant des eaux en sachet de marques différentes (Eau maman, ma vie’’, ‘’N’Zérékoré dji’’, ‘’ Eau Bembeya’’, ‘’Eau Bless’’…) pour étancher leur soif en ces temps de canicule. Ces eaux qui foisonnent la ville sont-elles toutes de qualité certifiée et autorisée par les services compétents de l’administration publique, sont-elles toutes bonnes pour la santé de la population ?

En tout cas, à N’Zérékoré, chacune de ces unités dit être meilleure à l’autre. Ces propagandes se font à travers des spots publicitaires sur les ondes des radios de la place. Sur les sachets, l’on peut lire entre autres : « Eau minérale », « Eau pure », « Eau potable » ou encore « Eau naturelle ».

Cette ruée des marques d’eau en sachet sur les différents marchés de N’Zérékoré, suscite des interrogations par rapport à la qualité même de ces eaux ainsi que les conditions dans lesquelles elles sont fabriquées.

«Au lieu d’utiliser des forages, certains utilisent des pompes. Cela est une escroquerie économique. Parce qu’en principe, on dit eau de forage et non eau de pompe. C’est une infraction. Et il ne s’agit pas seulement d’avoir le forage parce que quand tu as le forage, il y a une distance règlementaire qui doit exister entre le forage et les latrines. Donc, nous avons constaté qu’il y a certaines unités qui n’ont pas respecté cette consigne et nous allons bientôt prendre des dispositions », a confié à Guinéenews, Oua Dopavogui, Directeur préfectorale du commerce, de l’industrie et des PME de N’Zérékoré. 

L’autre constat est qu’il y a aujourd’hui des particuliers qui produisent aussi de l’eau en sachet sans aucune autorisation. Ils prennent d’assaut les différentes voies pour écouler leurs marchandises. Une situation que déplore les autorités qui comptent aller en guerre contre ces clandestins pour, dit-on, régulariser le secteur en donnant des permis d’exploitation. Ce document, selon les autorités, permettra de distinguer les vrais des faux.

« Désormais, tu ne peux qu’avoir une autorisation provisoire de continuer le travail ou d’installation. Cela, c’est en tenant compte de certains facteurs. Si tes documents sont dans les normes, si les résultats de contrôle du SENA et du service de l’environnement  sont concluants. Alors en ce moment, le préfet seul avec l’appréciation de ses différents services, donnera une autorisation provisoire », précise le directeur préfectoral du commerce et industrie de N’Zérékoré.

Il est clair donc que tous les producteurs d’eau ne remplissent pas les critères sanitaires, hygiéniques et administratifs requis. Et mieux, selon certains spécialistes, les documents, les permis d’autorisation ne doivent pas être délivrés par les autorités locales mais plutôt le département de l’Industrie à travers l’appui de l’A.P.I.P.  Il y a aussi des services et départements techniques tel que l’Hydraulique qui autorisent à faire un forage ainsi que les départements de l’Environnement et de la Santé qui ont des rôles très importants.

Ainsi, il est inutile de dire aujourd’hui que la production d’eau en sachet échappe à tout contrôle de l’Etat faute d’une bonne réglementation ou parce que les règlements existants ne sont pas respectés.

Facely Konaté, depuis N’Zérékoré

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Veuillez entrer votre nom ici